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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:00

inceptionIls ont mûri, c'est incontestable. Di Caprio, Nolan, et le cinéma lui-même. Jusqu'ici seul le théâtre se permettait de jouer avec ce qu'il est lui-même (jeu immatériel d'acteurs physiquements présents).

 

Maintenant le cinéma se permet aussi de s'amuser de sa propre condition, celle d'une illusion où tout est faux mais à laquelle on croit, comme dans un rêve.

 

 

inception falaise

 

C'est cette mise en abîme qu'Inception propose. Emboîtements de rêves les uns dans les autres, rêves de personnages imaginaires et qui pourtant nous semblent bien réels, rêves de rêves...

 

inception paris

 

Au cinéma, comme dans un rêve, les situations commencent sans qu'on se rappelle comment elles ont commencé. Deux personnes parlent à une table, à la terrasse d'un café, on y croit, et pourtant on ne saurait dire comment elles se sont installées ; on ne l'a pas vu. Trucages, hors champs, météo, tout est faux, ou bizarre, comme dans un rêve... Et pourtant, comme dans un rêve, on désire y croire.

 

inception train

 

Inception, c'est d'abord cette formidable projection de l'imaginaire. C'est aussi un thriller haletant parfaitement maîtrisé, une histoire d'amour sublime, une musqiue de Zimmer plus qu'angoissante (et certes un peu lourde aussi), des images de synthèse à couper le souffle, un scénario incroyable... auquel on se laisse prendre avec un plaisir immense.

 

inception couloir

 

Inception, c'est aussi une réflexion sur le subconscient et le souvenir, comme le Solaris de Stanislas Lem, déjà adapté piteusement par Steven Sodenberg et génialement par Andreï Tarkovski. Si, si, cette histoire de personnes qui aparaissent et ne sont en fait que des images de l'inconscient de leur proches. Nolan garde l'humanité de Tarkovski et transcende la science-fiction de Sodenberg... C'est déjà pas mal!

 

A voir, bien sûr, tout de suite et plusieurs fois !

 

 

 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 19:10

splice.jpgVincenzo Natali a signé un film fantastique bizarre, qui s'annonce comme un pamphlet contre l'absence d'éthique dans la recherche scientifique (car science sans conscience n'est que ruine de l'âme), et sombre vite dans le psychologisant un peu facile.

 

"Cest dur d'être une adolescente pas comme les autres, surtout quand on a une tête divisée en deux, une longue queue qui pique au bout, des mains à la place des pieds, qu'on pousse des cris bizarres, qu'on peut même pas danser avec son géniteur (qui pourtant a vraiment une coupe de cheveux qui ne lui va pas très bien) et qu'en plus on se transforme en mec quand on fait l'amour avec lui".

 

Ouais, c'est vrai, c'est dur. Mais ça tombe bien, tu n'existes pas.

 

Un film ? Mouais. Une erreur. A voir pour les cheveux d'Adrian Brody (si, si, j'y tiens), et puis, quand même, les effets spéciaux très soignés.

 

splice-3.jpg

 

 

splice-6.jpg

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 20:40

l-illusionniste.jpgPrès de trente ans après la mort de Jacques Tati, le voici de retour sur les écrans, mais en personnage animé cette fois-ci, l'Illusionniste Tatisheff.

 

Un hommage magnifique rendu au Maître de la Délicatesse par Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville. On retrouve parfaitement la silhouette, la démarche, l'hésitation des mouvements, leur précipitation timide, leur nonchalence angoissée. Comme dans les films de Tati, on découvre un monde, qui finalement ressemble beaucoup au nôtre, mais que l'on se sent prêt à écouter et dont on scrute chaque détail. Foisonnement de sons, précis jusque dans les recoins les plus obscurs, le film de Chomet apprend à observer.

 

 

 

 

hulot bras

 

illusionniste-music-hall.jpg

 

 

Il parvient à mêler son propre univers à celui de Tati, sa poésie des changements de lumière, son rythme, très lent, qui sans effet de manche, laisse les personnages s'émerveiller d'eux-mêmes, et l'on se retrouve comblé par le ballet de leurs mouvements, comme dans les meilleurs Grimmault.

 

hulot démarche

 

chomet_parapluie.jpg

 

Le scénario est de Tati, et on sent très fortement sa patte. Fascination sans bornes pour le Music Hall, les acrobates, les clowns, les ventriloques qu'il a célébré dans le décevant Parade, sympathie magnifique pour tous les inconnus qui errent et que l'on croise au hasard d'un terrain vague, le balayeur, le clochard, l'ouvrier... Et puis aussi ce sentiment d'une cruauté inéluctable dans les relations entre les hommes.

 

hulot-dos.jpg

 

illusionniste-talons.jpg

 

 

Hulot est gentil, timide, ses sentiments sont souvent difficilement perceptibles, mis à part la générosité... mais il reste toujours un hahuri qui passe. Le vrai sujet du film, ce n'est jamais Hulot finalement, ce sont les Vacances, l'Usine, la Ville, la Route... Hulot c'est la poésie qui disparait. Et tous, dans le tourbillon de la société moderne, involontairement ou non, contribuent à l'écraser. Sans que lui-même le sache. Il part seulement, chaque fois, un peu plus loin. Jusqu'à disparaître.

 

chomet_bateau.jpg

 

 

C'est l'éblouissant reflet de cette ombre disparue que Chomet fait réapparaître. Pour mieux nous faire sentir son absence.

Un chef-d'oeuvre.

 

tati-playtime.jpg

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 09:49

bébésSur une idée d'Alain Chabat, Thomas Balmes a filmé quatre bébés en Afrique, Mongolie, aux Etats-Unis et au Japon, de la naissance à leur première année.

 

C'est tendre et hilarant, plein d'empathie et de malice.

 

En plus, le montage fait ressortir l'universalité de la découverte de son environnement par le bébé, ses surprises, déconvenues, et comment au départ, tous les réflexes, même les cris, sont les mêmes.

 

 

 

bébés chatbébés bain

 

"L'homme est bon par nature, c'est la société qui le corrompt. (...) Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n'est à personne", dit Rousseau dans le Discours sur l'Origine et les Fondements de l'Inégalité parmi les hommes (c'était le BAC de Philo cette semaine, non ?)

 

Et là, pour le coup, le film lui offre un cuisant démenti ! Le film s'ouvre par un plan de deux frères : une bouteille en plastique est entre les deux. L'un la prend, l'autre pleure, ils se battent. Le plus faible se carapate. Le plus fort pose la bouteille à côté de lui. Ils n'ont pas un an. Mais si l'aîné prend la bouteille, ce n'est pas pour mal faire, c'est parce qu'il ne sait pas que cette bouteille peut être à quelqu'un d'autre que lui, et que l'exercice de sa liberté absolue vient brimer celle des autres. Le premier réflexe est pour soi. Comme ce bébé qui joue avec le chat ou avec les jambes de son petit frère sans imaginer qu'il leur fait mal. L'empathie vient ensuite. Par la vie en société, justement.

 

 bébés japonbébés mongolie maman

 

 

Autre réflexion que suscite le film, c'est sur la société de consommation. On voit les bébés de Mongolie moins effrayé par l'étendue et les animaux de la steppe, que le bébé américain par la crèche ou le supermarché... Et à quel point cet environnement nous façonne... Le petit Mongol trouve son bonheur en déroulant un rouleau de papier toilette, quand la petite japonaise se désespère au milieu de tous ses jouets, et éprouve la douloureuse certitude de la finitude humaine et de l'imperfection des choses...

 

bébés mongoliebébés desespoir

 

A voir, sans hésiter !

 

bébés victoire

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 10:46

the-world-is-big.jpgPour son premier film, Stephan Komanderev réalise un coup de maître qui vient presque détronner Kusturica de son piédestal.

 

Jamais mièvre, toujours juste, simplement beau, maîtrisé, réjouissant, boulversant, The World is Big met en scène le périple en tandem, de l'Allemange à la Bulgarie, d'un grand-père et de son petit-fils amnésique.

 

the-world-is-big-arbre.jpg

 

Hasard des dés, du jeu, des circonstances, destin ou volonté, nécessité des racines, le film balaye les thèmes les plus fondamentaux de l'humanité sans jamais tomber dans la grandiloquence ou la thèse. Humain, simplement.

 

the-world-is-big-enfant.jpg

 

Très beau, avec des comédiens formidables.

 

the-world-is-big-tandem.jpg

 

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the-world-is-big-grand-pere.jpg

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 12:23

C'est quoi, jouer ? Se mettre "dans la peau" d'un personnage ou attendre qu'il vienne à soi ?

 

La méthode de Renoir : l'annuaire téléphonique ! (démonstration en images !)

Et vous, qu'en pensez-vous ?

 

Un film de Gisèle Brumberger, films de la Pléiade, 1968

 

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 17:22

La fin des fins des Shrek arrive sur les écrans le 30 juin... Celui de trop ?

 

A vous de juger !

 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 08:56

millenium.jpgLe 30 juin sort le 2e volet de la trilogie Millénium.... Je n'avais pas vraiment été séduit par le premier.

 

L'adaptation du premier tome de la trilogie de Stieg Larsson réussit le tour de force d'être à la fois sadique et cucul.

Le tuteur violeur, l'écrivain empathique, l'ancien nazi embourgoisé, l'Ancien Testament comme fil conducteur de supposées tortures rituelles, tous les clichés du mauvais polar sont de mise, filmés sans compassion mais avec complaisance.

On s'ennuie un peu, on vomit beaucoup. Haneke venait d'avoir la palme d'or (pour Le Ruban Blanc) lorsque, paradoxalement, Funny Games restait plus que jamais d'actualité !

A saluer, le jeu impliqué des comédiens, Michael Nyqvist et Noomi Rapace en particulier. Mais impliqué pour quoi?

 

millenium-couple.jpg

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 08:18

Mensonges d'EtatOn parle beaucoup du Robin des Bois de Ridley Scott. C'est oublier son dernier long film, pas une épopée celui-ci, mais un thriller contemporain, sorti fin 2008.

 

Après Robert Redford, Oliver Stone et Peter Berg, c'est au tour de Ridley Scott lui-même de se lancer dans la lutte contre le fameux "Axe du mal". Et pour l'occasion, ce ne sont pas moins que Leonardo DiCaprio ("the king of the world") et Russel Crowe (Gladiator) qui sauvent la civilisation. Enfin, c'est ce qu'ils disent.

 

Après une centaine de minutes d'une rare brutalité, filmés dans ces clair-obscurs poussiéreux dont seul Scott a le secret, on arrive quand même à la conclusion que les Intégristes sont au moins aussi méchants que les Capitalistes. Ca valait le coup d'être entendu.

mensonges-d-etat-desert-di-caprio.jpg

       

Sans compter que cette chasse aux terroristes ressemble à un remake des Infiltrés de Scorsese et d'American Gangsters dont les bobines se seraient malencontreusement emmêlées. On en vient à se demander si Ben Laden n'est pas un taupe de la CIA. Un peu trop touffu, trop sanglant pour convaincre.

 

mensonges-d-etat-scott-di-caprio.jpg

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 07:00

Quantum of solaceMoins de gadgets, plus d'actions ; tels semblent être les consignes des producteurs depuis Casino Royale. La technique, c'est pour Batman ! Elégance et force brute, James Bond se bat presque à mains nues dans ce vingt-deuxième opus. 

Désormais, 007 semble être issu d'un croisement entre Sean Connery et Arnold Schwarzenegger ; dans cette optique, Daniel Craig est plus que convainquant.
Un divertissement sans temps mort, par le réalisateur des Cerfs-Volants de Kaboul, où l'on apprendra comment James Bond a découvert son coktail préféré. On admire ses astuces d'espion, mais à la fin du film, on se demande encore comment il a fait pour traverser la Méditerranée à la nage...

 

quantum-of-solace-bond-craig.jpg

 

L'intrigue est décousue, les psychologies sont taillées à la hache, entre vengeance et compassion... Mis à part les smokings, le film ne fait pas dans la dentelle.

 

quantum-of-solace-couple.jpg


A noter la presation du méchant, alias Mathieu Amalric, un peu perdu dans ce rôle d'écologiste fou, qui, faute de savoir quoi exprimer, ouvre de grands yeux en souriant de l'air désabusé de celui qui veut conquérir le monde et sait d'avance que tout est perdu.

 

quantum-of-solace-amalric.jpg

 

Après la guerre du feu, la guerre froide et la guerre du pétrole, c'est la guerre de l'eau...

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