Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:02

elena.jpgZviaguintsev est sans doute un des seuls réalisateurs vivants a avoir su garder de Bresson, Antonioni et Tarkovski le sens du symbole. Un faits divers, des protagonistes, une fable, quelques indices... Eléna, comme le Retour et le Bannissement, est construit sous forme de parabole.

 

Après s'être interrogé sur la figure christique dans le Retour, mariale dans le Bannissement, Andreï Zviaguintsev questionne l'absence de Dieu, dans une société qui n'est qu'une somme éparse de solitudes. Alors à quoi bon vivre, à quoi bon avoir des enfants, quand tout ce qu'on cherche à travers eux, c'est tenter de donner un sens qu'on ne trouve pas à sa propre vie, et qu'ils ne pourront vraisemblablement trouver eux-mêmes. L'humanité se multiplie par habitude, mais sans espoir. Et quand le monde fourmille d'une multitude de signes et d'un foisonnement de beauté, chacun reste enfermé aux limites étroites de sa télévision, sans rien voir et sans entendre de tout ce qui peut aider à s'aimer les uns les autres.

 

 

Quand ses deux précédents opus étaient centrés sur l'espoir d'une résurrection pour le Retour, ou l'expérience bouleversante d'une rédemption pour le Bannissement, Zviaguintsev montre à travers Eléna une fermeture totale à la beauté et à toute dimension spirituelle.

Le film s'ouvre sur un splendide lever de soleil, que personne ne voit. La musique de Philip Glass, comme le Requiem de Mozart dans Un Condamné à Mort s'est échappé de Bresson, donne aux actes quotidiens une dimension universelle, le sens du destin, que les personnages ne sentent pas eux-mêmes.

Lors d'une panne de courant, un enfant s'écrie : "Il fait nuit sur toute la surface de la Terre" ; et d'un seul coup le fait divers prend une dimension d'Apocalypse. On retrouve les présences chères à Tarkovski du chien-loup ou du cheval qui passent, symboles d'une présence autre, distante, prête à être entendue, mais qui ne s'impose jamais. Et dans Elena, personne n'y prête attention. Signe peut-être aussi de la lassitude du réalisateur face au peu de répondant et de compréhension face aux pistes de double lecture de ses films, quand la plupart des spectateurs s'attachent au niveau de lecture du faits-divers, sans s'attacher à la dimension de parabole et de réinterprétation de la Bible (et du peu de répondant des distributeurs, qui le boudent malgré ses multiples récompensent - le film est présent dans moins de 10 salles à Paris).

Les faits s'enchaînent les uns aux autres s'en lien apparent, ou du moins sans que les personnages perçoivent ce lien, alors que c'est l'affirmation de la pensée russe de Dostoïevski dans les Karamazov : "Si Dieu n'existe pas, alors tout est possible". Et à ce moment, la vie est absurde, ajouterait Camus.

 

Ultime piste de réflexion, à la fin du film, lors d'un jeu télévisé de speed-dating sans rapport avec l'intrigue (la télé est simplement allumée dans la pièce où sont les protagonistes), un des joueurs déclare : "Elena? Je ne sais pas quoi en penser, franchement".

Happy end marxiste? Désespoir éternel?

Au spectateur de se faire son idée, et de réapprendre à voir. S'il l'accepte.

 

 

 

Et pour ceux qui comprendraient le russe, voici l'interview du réalisateur :

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 19:24

Apparition dans une pub réalisée par des élèves de l'ESRA :

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:51
Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Théâtre
commenter cet article
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 11:32

Un très bel interview de Laetitia Leterrier, metteur en scène du Misanthrope, de Molière, actuellement à la Comédie Nation, à découvrir ci-dessous : 

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Théâtre
commenter cet article
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:39

hugocabret.jpgMartin Scorsese sait raconter une histoire, et il le prouve. Avec la virtuosité du "Tintin" de Spielberg et la grâce du "Voleur de Bicyclette" de de Sica, il parvient à réaliser un film grand spectacle qui n'étouffe pas totalement la fraîcheur des jeunes protagonistes, et s'envole d'invention en invention, de rêves en rêves, de cachettes en cachettes.

 

Mêmes les chiens sont expressifs, et l'on croit même les entendre parler. La 3D, pour une fois, renforce l'impression de se déplacer dans une immense maquette neigeuses et animée. Les comédiens sont formidables, bien sûr le grand complice du maître, Ben Kingsley, en tête, mais aussi contre toute attente, Sash Baron Cohen, enfin canalisé.

Un voyage dans l'imaginaire de Scorsese, mais surtout dans nos propres souvenirs d'enfance ; un artisanat poussé jusqu'au génie, une oeuvre d'art parfaite.

A voir sans hésitation!

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:47

Tout nouveau tout beau!

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 13:09

carnage-polanski-affiche.jpgMalgré les apparences, Carnage est peut-être l'oeuvre la plus violente de Roman Polanski. Ce huit-clos bourgeois inspiré par la pièce de Yasmina Réza prend peu à peu des allures d'incarcération douce, où l'accumulation de meubles, de livres, d'objets qui nous deviennent familiers à force de les voir réapparaître, devient un carcan peu à peu étouffant.

 

Que ce soit dans Frantic, dans le Pianiste ou même dans The Ghost Writer, il reste un élément positif auquel se raccrocher, le souvenir d'une femme, de fidélité, d'une passion, ou d'une notion de vérité ; mais dans son dernier film, il ne reste plus rien, que le plaisir de la mise à mort, le plaisir du chaos, la fascination pour le carnage.

 

Chacun défend une notion de vérité avec véhémence, mais au final dans quel but ? On fond de soi, chacun s'en fout. Seul reste le plaisir ou l'écoeurement de s'être battu. La vérité, elle, échappe, et n'est plus qu'un prétexte à se sentir en vie.

Et à la fin du film il ne reste que la nausée d'avoir pu en rire.

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 16:29

Un peu déçu, personnellement, par ce dernier opus de la franchise Shreck ; drôle, certes, mais pas non plus inoubliable...

 

Et pour ceux qui auraient échappé à la bande annonce :

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:41

Le 30 novembre prochain sort le dernier film de Luc Besson, "The Lady", qui relate l'épopée bouleversante du Prix Nobel de La Paix Aung San Suu Kyi en Birmanie.

 

Eric Serra a signé la musique de ce nouvel opus, qui couronne 30 ans de collaboration artistique avec Besson, et il a bien voulu répondre à mes questions sur l'invitation de Sony hier après-midi.

 

 

 

L'interview exclusive d'Eric Serra :

 

Première partie :

 

 

Deuxième partie :

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article
22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:12

intouchablesRares sont les films qui abordent par l'humour un sujet bouleversant. Adapté d'une histoire vraie entre un tétraplégique du 16e et son accompagnant des banlieues, Intouchables parvient aisément à captiver sans temps mort, avec une justesse incroyable, sans fausse pitité ni rire facile.

 

Un film qui n'est pas sans rappeler, avec un regard plus bienveillant, La Guerre est déclarée, dans lequel joue également, avec une grande finesse, Anne Le Ny (tour à tour médecin et gouvernante).

 

A signaler un beau travail musical, presque pédagogique, entre musique baroque, romantique et disco.

A voir, bien sûr!

 

 

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article

Le Blog

  • : En Salles
  • En Salles
  • : Cinéma, Théâtre, de petites critiques incisives pour (re)découvrir les pièces ou les films ! Actualité, classiques, reprises, tous en salles !
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • Thomas Grascoeur
  • Passionné de cinéma et de théâtre, acteur et spectateur.
Retrouvez toutes mes actualités sur http://thomasgrascoeur.net
  • Passionné de cinéma et de théâtre, acteur et spectateur. Retrouvez toutes mes actualités sur http://thomasgrascoeur.net

Mercredi prochain...

Retrouver Un Article