Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 11:12

affiche-melancholia.jpgLars Von Trier a découvert Tarkovski, c'est sûr. Sa planète Mélancholia n'est pas si éloignée de Solaris dans son pouvoir absorbant.

On retrouve les cendres, Brueghel, les chevaux et la solitude de Nostalghia.

Mais le vague à l'âme permanent de la protagoniste n'évoque pas la nostalgie d'un paradis perdu, mais plutôt son absence, insupportable. Le sentiment de la certitude  absolue de l'absence de tout sens. La dépression, quoi.

 

Ce qui frappe aussi, c'est finalement le constat d'impossibilité de compassion (désintéressée) entre les hommes. Même le personnage de Charlotte Gainsbourg, au départ touchant, finit par devenir insupportable de pleurs. Il faut dire que Lars von Trier se livre à une sorte de pornographie de l'angoisse dont on voit bien qu'elle ne le mènera nulle part, et qui, conduit effectivement au néant, mais au sens propre.

 

L'autre grande composante de l'âpreté du film est son silence. Entre lyrisme wagnérien et déprime, il n'y a rien, le silence, et quelques tremblements. Et puis, plus rien. Un esthétisme qui lui-même arrive au bout de son propre essoufflement.

 

Bregel chez Lars von Trier et Tarkovski :

 

Bruegel.jpg

 

Tarkovsky-scene-.jpg

 

 

Voici Melancholia en haut et Nostalghia en bas :

 

melancholia-de-lars-von-trier-10454583iruih

 

nostalghia.jpg

 

 

 

Melancholia en haut et Andreï Roublev de Tarkovski en bas :

 

photo-melancholia-2011-9.jpg

 

 

roublev.jpg

 

 

A nouveau avec Solaris :

 

melancholia-5 2 igrande

 

Solaris-1

 

Les interprètes du film se sont efforcés de prendre comme une boutade les propos pro-hitlériens de Lars von Trier à Cannes. N'empêche que le film prone, au final, l'anéantissement de la race humaine, impropre à vivre bien, par une égérie mutante et blonde qui cherche à dépasser l'absurde par le chaos et "peut sentir les choses".

 

Une révolte qui trouve son aboutissement dans un ordre nouveau : le néant.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Albane 20/08/2011 00:29


I agree !! Pour ma part, trop grande complaisance dans la dépresssion, mais bravo pour l'esthétisme des images... Certaines choses font penser a Bergman... ambiance de huis clos familial,
personnages névrosés... mais sans point de sortie...;)


Thomas Grascoeur 20/08/2011 01:25



Salut Albane ! C'est vrai, une grande référence à Bergman aussi ;-) mais il a conservé la version tragique !



Wilyrah 15/08/2011 23:35


LVT créait de grands films. Maintenant il créé de belles polémiques. Je ne l'ai toujours pas vu mais cet avis s'approche de celui de mon amie ;)


Thomas Grascoeur 16/08/2011 00:30



Bien vu !



gaby23cinema 15/08/2011 15:38


Depuis peu ce réalisateur me pose problème, ses propos m'ont déçue, j'étais restée scotchée à deux films Breaking the waves et Dancer in the dark, depuis je ne peux pas l'admirer en oubliant ce
qu'il a dit et fait et même si Charlotte Gainsbourg a reçu le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes.
Rien à voir : comment fait tu pour disposer tes photos comme tu le fais? ce choix ne m'est pas proposé.
Sincèrement, gaby


Thomas Grascoeur 15/08/2011 16:31



Bonjour,


je trouve ce choix dans "ajouter une image", l'interface me propose de centrer l'image ou de l'ajouter sur le côté.



luocine 14/08/2011 14:01


Critique très intéressante , je partage complètement ce point de vue, et je regrette de ne pas connaître les références auquelles tu fais allusion
Luocine


Thomas Grascoeur 14/08/2011 15:51



Merci :-) Tarkovski est à découvrir alors ! A bientôt


Thomas



Neil 13/08/2011 18:01


Ah bah si la comparaison avec Tarko est claire, d'ailleurs Lars ne s'en est cache pas je pense. Il dédiait déjà Antichrist au réalisateur russe d'ailleurs. Sinon le côté nazi, je le trouve un
tantinet tiré par les cheveux. Je vois plus le film comme nihiliste mais en même temps avec la fameuse phrase dite à Cannes... je sais pas mais ça me semble trop gros pour être vrai.


Thomas Grascoeur 13/08/2011 18:51



Je suis d'accord, et le côté nazi je n'y crois pas comme tel, c'est plus la compression de comment une dépression peut mener au sentiment que la vie ne vaut pas la peine...



Le Blog

  • : En Salles
  • En Salles
  • : Cinéma, Théâtre, de petites critiques incisives pour (re)découvrir les pièces ou les films ! Actualité, classiques, reprises, tous en salles !
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • Thomas Grascoeur
  • Passionné de cinéma et de théâtre, acteur et spectateur.
Retrouvez toutes mes actualités sur http://thomasgrascoeur.net
  • Passionné de cinéma et de théâtre, acteur et spectateur. Retrouvez toutes mes actualités sur http://thomasgrascoeur.net

Mercredi prochain...

Retrouver Un Article