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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 08:59

j'ai oublié de te direSept ans après Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran, Omar Sharif reprend le haut de l'affiche pour un film inégal qui se veut un plaidoyer déchirant pour l'euthanasie. Un peintre-poète bourru ancien champion cycliste, une jeune jolie rebelle.... Le scénario ne prend même pas la peine de mettre en scène leur rencontre de manière probable, le fait est qu'ils se rencontrent, que la jeune rebelle veut que le vieux poète lui apprenne la peinture, qu'il lui apprend à faire corps avec les couleurs, les émotions, les paysages... et qu'on découvre alors qu'il est atteint d'une maladie incurable de dégénérescence cérébrale. Il veut qu'on l'achève, avant d'être un légume.

Les personnages passent sans qu'on sache vraiment pourquoi, les plans se succèdent sans vrai souci de cohérence, certaines séquences sont parfaites, mais noyées dans la masse... le tout manque de rythme et se dilue dans un manque de poésie qui se fait de plus en plus cruel.

 

La thèse ferait mouche si Omar Sharif n'était pas à la hauteur du rôle. Malheureusement pour le film, il l'est. Surtout dans ses scènes muettes, où un seul de ses regards, une seule apparition de sa silhouette encore élégante ou de son sourire juvénile suffisent à redonner une humanité à celui qu'on élimine...

 

omar-sharif-sourire.jpg

 

Du coup, le sacrifice salvateur sensé délivrer du carcan sénile du corps, peut presque passer pour une élimination naïve et égoïste, symptôme d'une impuissance à comprendre. Dans le doute, on élimine, pour être libéré...

 

omar-sharif-julie-christie.jpg

omar sharif jivago

 

julie christie loin d'elleL'accumulation des plans ne suffit pas à résoudre le problème.  Malgré les prestations très justes d'EmilieDuquenne, Philippe Laudenbach (le neveu de Pierre Fresnay) et bien sûr Omar Sharif. David Lean avait compris que sa présence silencieuse (cf son entrée spectaculaire de Laurence d'Arabie ou la quasi intégralité de Docteur Jivago) était infiniment plus touchante que toutes ses paroles possibles. Laurent Vinas-Raymond, lui, semble ne pas avoir adapté le rôle au monstre sacré, et tous les plans de peinture ou de cyclisme (les courses, vous le savez, sa grande passion...) brillent surtout par leur absence...

 

Parfois trop bavard, parfois trop éliptique, J'ai oublié de te dire laisse un peu sur sa faim... Pas assez fort pour poser les questions, pas assez convainquant pour donner les réponses... On préfèrera, de beaucoup, sur le même thème, le très beau Loin d'elle, interprété justement par la Lara de Jivago, Julie Christie...

 

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Published by Thomas Grascoeur - dans Cinéma
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